Le pouvoir du pardon

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Le pouvoir du pardon

par Louise Ouellet, 25 Février, 2015

20130129_192826Pardonner – le meilleur remède contre les maux de coeur.

Pendant les années où j’ai dû lutter contre mes difficultés émotionnelles envers la loi du celibat dans l’Église Catholique, j’ai appris à utiliser mon pouvoir de décision pour contôler mes émotions. Aussi, par ce même fait,  j’ai découvert le choix du pardon.

Lorsque j’ai été blessée et lésée, je me suis retrouvée devant deux choix très simples – je pardonne ou je ne pardonne pas. Pour me libérer, il n’y avait que cette seule réponse – pardonner. La beauté de ce choix est que j’ai découvert que je n’avais pas besoin de pardonner avec mon cœur, mais bien avec mon pouvoir de décision. Contrairement au cœur, qui est émotionnel, un choix conscient de la volonté engendre l’objectivité et l’action raisonnable.

Durant cette expérience difficile, mon cœur était si blessé que je ne pouvais supporter l’idée d’avoir à pardonner et prétendre que tout était normal.  Certains jours je pouvais ressentir le désir du pardon, par contre, il y avait des jours où je ne pouvais pas le concevoir.  C’était comme si mon coeur avait été court-circuité et graduellement il est devenu presque impossible pour moi de pardonner, même si je m’y efforçais. Je ne pouvais simplement plus ressentir le désir de pardonner – ce geste spontanné du coeur véhiculer par l’amour. Je ne pouvais pas à cause de toutes ces blessures que mon cœur avait à supporter. Comment pouvais-je imposer à mon coeur cet exploit, quand je n’avait même pas le temps et la chance de guérir?  Je l’avais laissé s’infecté de colère et de ressentiment. Je voulais justice, excuses et réparations pour ce qu’il  m’avait été fait. Mais les seules choses que j ai reçues ont été des insultes et des humiliations.

Quand je me rappelais les paroles de Jésus dans Matthieu 18:21,” Alors Pierre s’approcha de Jésus et lui dit: ‘Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il péchera contre moi? Est-ce que ce sera jusqu’à 7 fois?’ 22 Jésus lui dit: ‘Je ne te dis pas jusqu’à 7 fois, mais jusqu’à 70 fois 7 fois.’ “ Je pensais toujours qu’Il exagérait. Je me disais, ” Seigneur, 70 fois 7 fois ça fait 539, je vais essayer de me rendre jusque là, mais ensuite ne m’en demandes pas plus.” J’étais misérable pendant que tout semblait bien aller pour eux.

J’avais besoin de trouver un moyen de me libérer avant que mon état s’aggrave. Je me sentais désespérée d’avoir à supporter l’état de mon cœur avec toutes ces émotions négatives. Étant de bonne nature, ces émotions étaient insupportables – un vrai poison – un cancer pour le cœur. J’ai commencé à être très malade, physiquement et émotionnellement.  Après 12 ans à essayer de me faire accepter dans la communauté, je suis partie loin de ces personnes qui me causaient cette souffrance constante, ce qui a été la première étape de la guérison.

Selon mon expérience, j’ai appris qu’il y a plusieurs niveaux de pardon.

Le premier –  le pardon spontané du coeur pour des issues mineures et qui ne causent pas de séquelles et qui sont vite oubliées.

Le second – le pardon que l’on accorde avec notre cœur par amour, quand quelque chose de plus sérieux arrive, mais voilà la première blessure  et il faudra du temps pour guérir.

Le troisième et le plus difficile à accomplir est quand il y a quelqu’un qui répète l’offense, en vous causant blessures sur blessures sans vous laisser le temps de guérir de la première offense. Vous commencez donc à avoir de la difficulté à pardonner avec votre cœur. C’est à ce moment que vous devez faire un choix conscient de pardonner, pour vous protéger de ce cancer appelé ressentiment, colère, hargne ou même haine. Je l’ai nommé le pardon journalier. Non parce que je subissais des offences tous les jours, mais parce que je souffrais tous les jours.

Quand j’ai pu embrasser le fait que j’avais le pouvoir de choisir de pardonner avec ma raison, j’ai réalisé que j’avais du pouvoir sur celui qui causait l’offense. Cela n’avait plus d’importance ensuite si cette personne continuait à me blesser. Elle essayait en vain, parce que le choix du pardon annulait l’importance que je donnais à l’offense. Cela m’apportait la paix dans le fait que je savais maintenant que je n’avais pas besoin de ressentir de pardonner, mais que j’avais  juste besoin de décider de pardonner parce que je m’aimais assez pour le faire. Le résultat de ce choix est qu’au lieu de ressentir de la colère, je ressentais de la joie de constater que cette personne n’avait plus aucun pourvoir sur moi, donc elle ne pouvait plus me détruire. J’ai compris alors, le sens de ce que Jésus nous avait enseigné de pardonner soixante-dix-sept fois sept fois.

Aussi, quelque fois vous devez prendre vous-même le pardon qui ne vous est pas offert et continuer d’avancer, parce que si vous attendez que les autres viennent réparer ou demander pardon, vous pouvez attendre longtemps. Et si vous restez dans le ressentiment pendant l’attente, vous êtes la seule personne qui en souffre, nul autre.

Donc pourquoi pardonner?  Pour vous libérer vers la route de la paix, et commencer par vous-même le processus de guérison sans attendre les excuses ou la réparation de venir faire le travail pour vous.

Quand vous pardonnez, vous vous donnez un cadeau à vous-même. Vous pardonnez non pas parce que la personne qui vous a offensé le mérite ou non, mais bien parce que vous le méritez.

 

 

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